Dimanche 24 Septembre 2017

Castifao   -   159 habitants        www.paesedicastifau.fr

 

 castifao

Castifao est située dans l'ancienne pieve de Caccia dont elle était le centre, sur la rive gauche du Golo, en limite du Parc naturel régional de Corse et du Giussani. 

La commune est ceinte sur toute sa partie occidentale par une chaîne de montagnes moyennes, contreforts d'un petit chaînon montagneux comprenant le Monte Padro et les Aiguilles de Popolasca.

Elle est traversée par la rivière Tartagine depuis le départ de la Crête di Poggiali (386 m) jusqu'à sa confluence avec l'Asco au lieu-dit Pontare.

Le plus haut sommet de la commune se situe à (1 068 m), à proximité de la Punta Debbiole (1 119 m - Moltifao).

Sous celui-ci, passant sous le versant méridional du village et la Tour de Paganosa, prend naissance le ruisseau Canale lequel va grossir le ruisseau de Frescolina affluent de la rivière Tartagine.

La population de Castifao est concentrée dans le village de Castifao (530 m d'altitude en moyenne) avec ses quartiers Piazze, Casasoprane, Petrera, et au hameau de Piana qui, comme son nom l'indique, est une zone plane au nord du village, à un peu plus de 300 m d'altitude.

L'église paroissiale Saint-Nicolas date du XIIème siècle et se situe à 528 mètres d'altitude.

La tradition orale permet de remonter les origines de Castifao jusqu'au XIIe siècle. Mais il semble bien que le village ait existé dès le IXe siècle, au lieudit Cuntratorri.
Plusieurs vestiges témoignent d'une présence marquée de l'occupant génois au Moyen Age, notamment les ponts de Pontare et de Piana sur la rivière Tartagine, ou encore la Tour Paganosa.

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Vers 1520, la pieve de Caccia comptait environ 3 500 habitants.

Dans l'histoire de la Corse, le couvent San Francescu date de 1510, il restera célèbre pour sa Consulta de 1755, l'assemblée de députés convoqués par le général Pasquale Paoli qui jeta les bases de la Constitution de la Corse indépendante.

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Anciennes mines de Castifao

Les Anciennes Mines de Castifao étaient autrefois exploitées pour le cuivre. D'une superficie de 300 ha, sur les communes de Castifao et de Moltifao, elles sont composées de trois ensembles distincts : les mines du hameau de Piana, les mines sur la Tartagine en amont de Piana et la mine isolée dite «génoise», située au Nord de la zone principale. Leurs galeries abritent six espèces de chiroptères et, fait très rare, servent à la fois de gîtes d’hibernation et de reproduction, intérêt régional primordial pour les chauves-souris.

 

Chênaies vertes d'Acoulese à Castifau

D'une superficie de 353 ha, la zone concerne la seule commune de Castifao. Elle se situe sur le côté ouest de la D547, après le village de Piana, en direction d’Olmi-Cappella. Les boisements de chênaies vertes de petite taille mais avec des arbres âgés et de belle taille abritent des sites de nidification d'autours des palombes (Accipiter gentilis). 

 

Grotte de Pietralbella, Tourbière Moltifao, Chênaie verte

La zone d'une superficie de 1 724 ha concerne six communes : Canavaggia, Castifao, Moltifao, Morosaglia, Piedigriggio et Popolasca. Elle comporte trois parties :

La chênaie verte de Piedigriggio : elle s'étend sur un petit massif montagneux, localisé à l'ouest de la dépression centrale, à la hauteur de Ponte Leccia ;

La grotte de Pietralbella : c'est une cavité naturelle servant de gîte d'hibernation à plusieurs espèces de chiroptères;

La tourbière de Moltifao : elle se situe dans le sillon central séparant la Corse cristalline de la Corse alpine. Elle comprend une remarquable tourbière acide à sphaignes (Habitat "prioritaire" de l'Annexe I) et une importante aulnaie.

 

L'ancien couvent de Caccia

 Le couvent San Francescu di Caccia est situé sur la route qui relie Castifao à Moltifao , au col (493 m) du même nom. Il a été élevé à partir de 1510, du moins en ce qui concerne sa première mouture. Au départ, c'était un bâtiment en bois, appelé alors luoco, dont les plans sont dus à Ghjuvacchinu, un franciscain originaire du village voisin de Sepula, abandonné depuis le XVIIIe siècle. En grande partie détruit par les troupes du général génois Doria en 1553, le couvent est restauré en 1569 par le frère Agustinu di a Pupulasca (Augustin de Popolasca), son « gardien », c'est-à-dire son supérieur. La toute première église est consacrée en juillet 1569. Elle abrite les reliques de deux saints très en vogue à l'époque, San Costanza et San Grato. Devant l'importance du culte, la construction d'une seconde église est rendue nécessaire en 1750.

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C'est dans ce couvent, dont le supérieur, le RP. Apostolis est l'un de ses amis, que Pasquale Paoli assemblera, en avril 1755, peu de temps après son retour en Corse, la Cunsulta de Caccia, qui jette les bases de la Constitution de la future Corse indépendante. Après l'annexion française, le couvent sert de siège à l'une des quatre juntes installées par le nouveau pouvoir. Dans les locaux transformés pour les besoins de la chose, se trouve logés les militaires du Régiment Provincial Corse et le personnel judiciaire de la Junte. On applique même la question ordinaire dans les caves du couvent. En 1782 un pan de voûte s'effondre, causant de nombreuses victimes.

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Lors de la Révolution Française, il est pillé et ruiné. Bon nombre de ses terrains sont vendus aux enchères ; son mobilier est dispersé dans les environs. Le village voisin de Moltifau conserve aujourd'hui encore l'imposant tableau de la Cène qui se trouvait dans le réfectoire du couvent. Dans l'église paroissiale Saint-Nicolas sont transférés de nombreux tableaux et statues, les grandes orgues et le maître-autel en marbre. L'orgue, construit vers 1820 par les Frères Crudeli, a été repris en 1842 par le balanin Anton Pietro Saladini. Il fut restauré une première fois par Maracci, puis par Loiseau.

Pendant le royaume Anglo-Corse (1794 - 1796) le couvent est à nouveau fréquenté par quelques frères qui remettent en état certaines parties du bâtiment. Mais à la chute du royaume, celui-ci est abandonné.

En 1824 la commune décide d'en faire le cimetière municipal, et ce malgré l'opposition du directeur des Domaines qui tente de s'y opposer par préfet interposé, mais en vain.

Le couvent était habité par des moines franciscains encore appelés zocculanti à cause des sandales qu'ils chaussaient pour aller quêter sur les routes de la région. Un contrat précis, passé devant notaire, indiquait clairement quels endroits leur étaient autorisés pour ces quêtes.

San Francescu a vécu des heures historiques. Une mission de réconciliation eut lieu en 1744, avec la venue de San Leonardo di Porto Maurizio. Mais d'autres grands moments jalonnèrent la vie de l'édifice comme la Consulta de 1743, celle de 1755, le séjour du visiteur apostolique, Mgr de Angelis, en 1763, ou bien encore les derniers combats des derniers résistants paolistes conduits par Cervoni et Pasqualini en 1774.

L'église Saint-François du couvent, celle de 1750, est protégée et classée MH par arrêté du 28 mai 1979. La facture d'orgue, œuvre de Crudeli frères (facteur d'orgues) exécutée vers 1820 et propriété de la commune, bénéficie de la protection Monument historique par arrêté du 22 mars 1991. Seule la partie instrumentale de l'orgue est classée MH. Il fut restauré par le célèbre facteur balanin Saladini, puis Maracci et enfin Loiseau.

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En 1994 le fronton de l'église est restauré. L'édifice est en pleine réfection depuis plusieurs années (travail de l'Associu San Francescu di Caccia créée par Jean Raphaêl Cervoni).

 L'église Saint-Nicolas (San Nicolaiu) du XIIe siècle , remaniée avec un clocher à 3 étages au XVIIIe siècle parait être l'église piévane de Caccia. Récemment restaurée. Comme pour de très nombreuses églises de Corse, une statuette du saint patron est présente dans la petite niche au-dessus de l'entrée. L'église est située en contrebas de la place du Monument-aux- morts.

Sont attenantes à l'édifice, la mairie et l'agence postale.

La chapelle de Confrérie Saint-Antoine de Janvier. Elle a été construite en 1692 avec les pierres d'U Castellu, l'ancienne demeure de Sampiero Corso, par la Confrérie du Très Saint- Rosaire à laquelle a succédé la Confrérie Saint-Antoine de Janvier. Restaurée récemment.

La chapelle Saint-Augustin (Sant' Agostino) ruinée au sud-est du village, à 660 m d'altitude.

La chapelle Saint-Roch (San Roccu) restaurée en août 2011 par la Confrérie Sant'Antone Abbate.

Un curieux mégalithe dont la base est gravée d’inscriptions et de dessins au sens toujours mystérieux.

La Tour Paganosa (1606) ruinée, dominant le hameau éponyme. Cette maison-tour génoise à deux étages avait une plate-forme de guet. Elle a été détruite par un incendie au siècle dernier.

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En contrebas se situe une grande maison dite "la caserne", également ruinée. Elle avait été utilisée par les Génois en 1635. Deux autres tours auraient existé à Castifao.

Les ponts génois

Il existe deux ponts génois sur la commune.

 Pont de Pontare :

Ce pont génois est situé au lieu-dit "Pontare". Il a été construit en 1498 sur la rivière Tartagine, à une centaine de mètres de la RN 197. il n'est pas signalé sur les cartes ni depuis la RN 197 d'où il est proche mais non visible. Il "relie" encore les communes de Castifao et de Pietralba.

 Pont de Piana :

Le pont génois au hameau de Piana, construit sur la rivière Tartagine, en 1498 aussi. Il est proche de la route D547 et est signalé par un panneau.

 

 

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